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Championnat de France d’apnée 2025

07/29/2025

Les Championnats de France d’Apnée en Profondeur sont un temps fort du calendrier national, organisés par la Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins (FFESSM). 

Chaque année, ils rassemblent les meilleurs apnéistes du monde, venus tenter de décrocher le titre de Champion ou Championne de France.

En 2025, la compétition s’est tenue du 26 au 28 juin à Villefranche-sur-Mer, dans cette baie mythique entre Villefranche et Saint-Jean-Cap-Ferrat, où sont nées certaines des plus grandes performances françaises.

Cette année, j’ai eu la chance d’y être en tant que photographe underwater pour documenter ces trois jours intenses. 

Voici mon carnet en images, et en quelques mots, pour une immersion sincère.

Jeudi 26 juin – Briefing, sécurité & coordination

Avant que la compétition ne commence, il y a cette journée que peu de gens voient. Celle où tout se prépare, s’accorde, se règle.

En mer, les safety effectuent leur dernière session d’entraînement : qui descend, qui remonte, à quelle profondeur, à quel moment.

Chaque compétiteur·rice est encadré·e par trois safety dans l’eau, positionnés à différents niveaux — 30 mètres20 mètres et 15 mètres — pour assurer leur sécurité à la remontée.

À cela s’ajoutent les apnéistes de surface, qui surveillent depuis la ligne, et les juges, présents sur le bateau, chargés de valider les performances selon un protocole strict.

Sur les embarcations, les juges installent leur matériel : plaquettes, sondeurs, lignes de descente, marquages, mais aussi feuilles de passage, check-lists et tags que les athlètes devront ramener du fond pour valider leur tentative.

Tout est vérifié, ajusté, coordonné : profondeur, sécurité, bateau de secours, bateau d’évacuation, oxygène, etc. Rien n’est laissé au hasard.

En fin de journée, place au briefing officiel des athlètes. La FFESSM rappelle les règles spécifiques à la fédération, les fautes éliminatoires, les temps de départ, les détails du protocole de surface.

C’est technique, rigoureux, essentiel. On sent la tension monter. Demain, chaque geste comptera.

Vendredi 27 juin – Premières descentes

C’est le premier jour de compétition. Je suis concentrée, prête et impatiente. Mais dès la première descente, je sens que mes sinus ne passent pas.

Tous les apnéistes connaissent cette sensation : quand le corps ne veut pas descendre, quand la compensation ne répond pas — et rien ne peut forcer les choses. Ni l’expérience, ni la motivation, ni le mental.

Je reste engagée, je compose à faible profondeur, je garde ma place. Mais je termine frustrée, avec des images capturées à seulement 7 mètres.

C’est ça aussi, photographier sous l’eau : accepter de faire avec ce que le jour te laisse. Et garder la motivation pour demain.

Les performances ont été belles. Intenses, engagées, parfois même émouvantes. J’espère que demain mes sinus iront mieux.

Samedi 28 juin – Immersion retrouvée

Après une nuit de repos – enfin, un peu – je me remets à l’eau. Et dès la première descente, tout passe : mes oreilles, mes sinus. Je peux compenser, plonger, bouger librement, sans me préoccuper de ma compensation.

J’atteins les 15 mètres de profondeur, je bouge avec aisance, je me place au bon endroit, au bon moment. J’observe, j’anticipe, je déclenche.

Le long de la ligne de descente, les corps glissent, les gestes sont lents, précis, magnifiques. Il y a du contrôle, de la grâce, de l’attention, dans chaque mouvement.

Je retrouve enfin le plaisir total de photographier en apnée, celui de pouvoir créer en étant complètement immergée, concentrée, présente dans l’instant. La compétition d’apnée en profondeur prend ici tout son sens : au-delà de la performance pure, ce sont les visages, les silences, les émotions qui me touchent. Les performances sont fortes. Mais les émotions le sont encore plus.

Cette fois, je ressors de l’eau heureuse de mes images, fière de ma journée. J’ai enfin pu descendre. Enfin pu photographier comme je le voulais.

Les mots de la fin

Photographier une compétition d’apnée en profondeur, ce n’est pas juste appuyer sur un déclencheur. C’est observer, comprendre les timings, les mouvements, les silences.

C’est aussi faire avec ses propres limites, techniques ou physiques. Ce week-end à Villefranche-sur-Mer m’a rappelé pourquoi je fais de la photographie underwater. Il y a eu de la frustration, mais aussi de la fierté.

Merci à la FFESSM, aux safety, aux juges, aux bénévoles.

Merci aux athlètes pour leur confiance et leur engagement.

Je repars avec des images. Et une plongée intense dans ce sport que je suis d’année en année.

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